
Fondée en 1828, quelques mois après la Société
nationale, la Société Nantaise d'horticulture est la doyenne des Sociétés horticoles
de province
|
Jusqu'alors, le jardin est
réservé à quelques privilégiés amateurs de botanique et de végétaux rares. Comme
prévu au contrat Noisette, l'ouverture au public a lieu à la fin de 1829. A cette
occasion, le Conseil Municipal vote le premier règlement ; celui-ci comporte quelques
articles qui font sourire aujourd'hui : "Article 1 - Le Jardin des Plantes sera ouvert au public tous les jours de
chaque semaine, les dimanches et fêtes exceptés, depuis onze heures du matin jusqu'à
demi-heure après le coucher du soleil. Article 2 - Pourront être admis aux autres heures et les jours de fêtes et
dimanches les étrangers sur présentation de leur passeport ou les personnes pourvues
d'une autorisation de la mairie. Article 4 - Les enfants en-dessous de 14 ans ne pourront y être admis que sous la
conduite de leurs parents. Les bonnes ou gouvernantes ne seront admises avec de petits
enfants qu'autant qu'elles accompagneront les parents de ceux-ci". Si les autres articles visent des interdictions qui ont encore cours de nos jours, on
ne peut manquer d'être surpris par la fermeture du dimanche et des jours de fêtes qui ne
favorise pas particulièrement les classes laborieuses. Même dans les conditions prévues
au règlement, l'accès au jardin semble très difficile, ce que confirment plusieurs
lettres de réclamation. Très rapidement, de nombreuses interventions sont faites pour
demander des horaires officiels plus souples particulièrement le dimanche. Au fil des années, la situation se détériore entre le Directeur du jardin et la
municipalité. Les deux parties s'accusent réciproquement de ne pas respecter les
engagements du contrat initial. Sans vouloir polémiquer sur une affaire vieille d'un
siècle et demi, il ressort des différents documents d'archives qu'une bonne part de
l'ambiguté résulte de la faculté laissée à Antoine Noisette de consacrer une
partie de son activité à ses affaires personnelles. Il semble bien que celui-ci ait
passablement profité de cette opportunité.
Dans ce contexte, lorsqu'en 1833 Antoine Noisette demande une indemnité pour des
travaux non prévus au contrat, la mairie refuse et ordonne une expertise. Hectot pour la
ville et Mellinet pour Noisette sont chargés de cette mission. Après un travail
minutieux, les deux experts remettent leur rapport aboutissant à un compromis au mieux
des intérêts des parties ; ce ne sera qu'un pis-aller. |
|