
Le Magnolia d'Hectot
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En 1807, Hectot fait, pour 384
francs, l'acquisition d'un superbe magnolia "le plus beau après celui de la
Maillardière". L'histoire de cet arbre est peu banale. D'après Hectot, le
magnolia qui porte maintenant son nom proviendrait d'une marcotte prélevée à la
Maillardière. Le jeune arbre est ensuite planté dans le jardin de M. Grolleau, Rue Paré
à deux pas du Jardin des Apothicaires. Lorsqu'en 1796 M. Grolleau déménage Rue de
Coutances, il ne peut se séparer de son magnolia qui subit une nouvelle transplantation,
opération réalisée par Lefièvre père, pépiniériste réputé. A la mort de M.
Grolleau en 1804, ses héritiers vendent l'arbre à un autre pépiniériste fameux,
Bruneau père. Enfin, en 1807, le magnolia balladeur acheté par Hectot termine ses
pérégrinations au bout de la grande allée du jardin, près du bassin circulaire. L'arbre vénérable a connu toutes les vicissitudes du jardin et résisté aux plus
durs hivers. Vers 1850, à la suite des terrassements paysagers, il subit une période de
dépérissement et les nombreux détracteurs d'Ecorchard s'empressent de prédire sa
disparition prochaine. On en déduisit ultérieurement que le magnolia d'Hectot était
mort à cette époque. L'analyse des faits et des dates ne permet pas d'être aussi
catégorique. Le dernier document irréfutable sur ce sujet est signé de la main même
d'Ecorchard. En 1859, à la veille de l'inauguration du jardin, le magnolia est encore
bien vivant, entouré d'une corbeille de fleurs. Si l'arbre actuel n'est qu'un
remplaçant, sa plantation ne peut être que postérieure à 1880, année du terrible
hiver qui détruisit tous les jeunes arbres de cette espèce dans le jardin. Or, avec 2,30
m de circonférence de tronc, ce qui en fait le plus gros sujet de la région. Le
"Magnolia d'Hectot" est manifestement plus que centenaire et nous pouvons donc
jusqu'à preuve du contraire le considérer comme le doyen du jardin. Après cette digression, reprenons le fil de l'histoire et revenons au début du
XIXème. En 1809. La grande allée est plantée de tilleuls ; cette même année, Hectot
obtient l'inscription de quelques crédits pour la construction d'une serre chaude.
Malheureusement, le Préfet veut prélever les sommes correspondantes sur les finances
municipales ; le maire proteste violemment, ce qui entraîne l'arrêt du chantier. Seules
les fondations sont réalisées. |
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