En 1856, Ecorchard fait réaliser
la "fontaine", cet ornement majeur et méconnu de la montagne. Pour le public,
seules apparaissent les deux cascades dévalant de la montagne ; la plus petite se
prolonge dans un vallon consacré aux primevères, la plus importante à l'Ouest rejoint
le grand bassin. Techniquement, la fontaine est constituée par un important dispositif
hydraulique enterré au sommet du monticule et produisant des variations de débit allant
du simple filet d'eau au bouillonnement écumant. Cet effet qui serait résolu aujourd'hui
par une série de vannes plus ou moins complexes fonctionne sans aucune pièce en
mouvement par le simple jeu de siphons s'amorçant automatiquement. L'ensemble est si
fiable qu'il fonctionne depuis 130 ans sans autre entretien que quelques curages. La
"machinerie" mise en place en 1859 est alimentée par un simple tuyau de 40 mm
de diamètre.
Ecorchard décrit l'installation avec son enthousiasme habituel lors de son discours
pour l'inauguration du jardin "grâce à un crédit additionnel et spécial que vous
avez affecté à l'Etablissement du service des Eaux, nous avons installé dans le
monticule des sources qui font jaillir et courir l'eau à leur gré, les unes par
intermittence, les autres par accès rémittents* ou subintrants*. Ces jeux de la science
inaugurés à Nantes aujourd'hui pour la première fois en France, outre l'avantage de
recréer pour ceux qui les aiment les murmures des eaux, auront aussi celui non moins
précieux de rafraIchir, d'assainir l'atmosphère du jardin et d'aérer les eaux de ses
lacs. Peut-être aussi ces effets d'eau piqueront-ils la curiosité des hommes studieux
qui aiment à se rendre compte des moindres phénomènes surtout lorsque, comme ceux-ci,
ils sont nouveaux et imitent la nature".
* rémittent : qui diminue d'intensité par intervalle.
* subintrant : se dit d'un flux lorsque l'accès nouveau commence avant la fin du
précédent.