Histoire |

Le domaine des Ursules
Pour en revenir à l'essentiel de notre propos, l'histoire du
Jardin des Plantes, voyons comment se présente le domaine des Ursules au moment de la
révolution. Le plus simple est de laisser la parole à Hectot qui seconde Lemeignen dès
1793. Il décrit les lieux en ces termes :
"le couvent constitue un corps de logis
considérable avec un jardin potager entouré de murs d'une superficie de 2 journaux, (un
journal correspond à la surface que pouvait cultiver un homme en une journée, soit 3.240
m²). Par une barrière située au milieu du mur, on accède à l'enclos contenant à peu
près 8 journaux. Cet enclos est entouré de hauts murs ayant de 10 à 15 pieds de haut.
Le mur exposé au Sud est garni d'abricotiers attachés à de mauvaises ganivelles.
Certains troncs ont jusqu'à 25 pouces de circonférence et j'estime qu'ils ont au moins
cent ans. Le terrain descendant en pente douce vers le Sud-Est est séparé en parcelles
consacrées à différentes cultures, notamment de poiriers et de vignes.
A l'Est, une excavation de 150 pieds sur 30 laisse apparaître le roc après que la
terre ait été décapée pour ensevelir les trop nombreux cadavres résultant de la
guerre civile, de la terreur, mais plus encore de la "maladie de l'entrepôt" ;
le typhus.
A l'Ouest, on trouve la cour des noyers et plus au Sud une pièce d'eau rectangulaire
avec un pin parasol à deux têtes".
C'est dans une partie du potager que Lemeignen installe son jardin botanique ; il est
logé sur place, de même que l'ouvrier chargé de l'entretien. Les moyens sont limités
et Lemeignen doit souvent pourvoir de ses propres deniers à l'achat de fournitures.
Malgré ces conditions précaires, il enrichit les collections et "démontre"
jusqu'à 800 plantes différentes. Devenu Premier Consul, Bonaparte décide de remplacer les écoles centrales par des
lycées. A 71 ans, Lemeignen est remercié et l'administration ingrate veut lui supprimer
son modeste logement de fonction. La mort malgré tout sera plus rapide que
l'Administration car Lemeignen meurt l'année suivante, en 1803. |
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