
Antoine Noisette s'installe à Nantes Afin de mettre le jardin en état d'accueillir le public, les
travaux de terrassement et de "dérocquement" se poursuivent malgré tout par
l'intermédiaire des ateliers de charité mis à la disposition de la Ville par la
Préfecture. A cette époque économiquement difficile, les chômeurs manoeuvres sans
spécialité se voient déjà confier des "travaux d'utilité collective".
Inutile de préciser que dans ces conditions le chantier avançe peu ou mal. Le maire Louis Lévêque décide alors de faire appel à un professionnel pour diriger
les travaux. Le 8 Avril 1822, un premier contact est pris avec Antoine Noisette,
peut-être par l'intermédiaire de Thouin, Directeur du Jardin des Plantes de Paris, avec
lequel Hectot était en correspondance. Antoine Noisette, fils d'un régisseur du Comte de
Provence est un jardinier-paysagiste réputé, tenant boutique Rue Saint-Jacques à Paris.
Après s'être rendu compte de la situation, il accepte la direction des travaux en
Octobre. Le contrat est signé en Novembre pour une durée de 4 ans; le jardin devra être
terminé pour la Toussaint 1826. La Ville prend à sa charge la réfection des murs de
clôture et la démolition des fondations de la serre. Noisette doit assurer l'entretien
des plantations existantes, compléter les allées, mettre en place une école de
botanique de 600 plantes et une école de fruitiers d'au moins 670 sujets. Pour ses bons
soins, Noisette est logé sur place et reçoit en outre une somme de 8.000 francs. Une
clause prévoit qu'il pourra compléter ses revenus en vendant les plantes produites en
excédent. Cette disposition ambigu sera la source de nombreux conflits. Le
contrôle de la bonne exécution du contrat sera assuré par une commission constituée
des sommités horticoles de la ville parmi lesquelles on note la présence d'Hectot. En 1825, le contrat est complété par l'entretien du jardin de la mairie et des arbres
de la ville. L'indemnité supplémentaire de 4.000 francs couvre le salaire des jardiniers
ainsi que la mise en place d'un cours gratuit de botanique. La première séance a lieu en
1827 ; il s'agit en fait de cours de taille des arbres fruitiers dispensés de 10 à 12 h
le mercredi et le samedi. Antoine Noisette est logé avec sa famille dans la petite maison de l'aumonier occupée
autrefois par Lemeignen ; mais le proviseur du lycée, après de longues négociations
avec la ville, réussira à récupérer ces locaux pour son établissement ; il se
plaindra néanmoins des saccages commis par Noisette avant son départ. Un projet d'aménagement du haut du jardin montre la disposition des lieux. L'entrée
principale est située Rue du Jardin des Plantes (actuelle Rue Gambetta). La grille est
disposée en demi-cercle rentrant et flanquée sur les côtés de deux pavillons
symétriques. L'architecture comporte des arcades en plein cintre sur la façade sud. Les
larges baies ainsi réservées sur le bâtiment Ouest sont destinées à éclairer
l'orangerie mais celle-ci ne sera jamais construite. Seul le bâtiment Est destiné à la
salle de cours et au logement de Noisette sera réalisé en 1826 (il abrite de nos jours
les bureaux). Sous la vigne vierge, on distingue encore parfaitement l'enduit à
"cailloutage" réalisé comme le précisait le descriptif "avec des
cailloux de diverses couleurs". Le projet prévoit au sud un deuxième accès sur la Rue de Richebourg ; celui-ci se
prolonge jusqu'à l'étier de Mauves par un mail appelé plus tard Rue de Flore, mais les
documents précisent bien que "ce projet figurant au plan de la ville n'aura pas lieu
d'ici longtemps". La mise en forme du jardin n'est pas compatible avec le maintien d'une pépinière de
production. La place consacrée au paysage et à la botanique devient prépondérante. Le
11 Avril 1826, Antoine Noisette obtient l'attribution d'un terrain près de la barrière
de Paris pour y établir une pépinière qui deviendra plus tard son établissement
privé. |